#HistoireManiema : Découvrons Nyangwe

Nyangwe est une localité du Maniema, sur la rive droite de la Lualaba dans l’actuelle République démocratique du Congo (territoire de Kasongo). Elle fut l’un des principaux postes développé par les esclavagistes de la fin du xixe siècle dans la région.

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La ville fut fondée vers 1860. Elle fut dirigée à partir de 1868 par un sultan ou wali métis dénommé DougombiMunia Muhara dirigeait la ville à l’époque des campagnes de l’État indépendant du Congo contre les Arabo-Swahilis (1892). Elle comptait à l’époque environ 30 000 habitants1

David Livingstone fut le premier européen à la visiter en 1871. Elle était la dernière cité connue sur la Lualaba en venant de l’est, et Livingstone pensait qu’elle était le cours supérieur du NilHenry Morton Stanley visita la localité et descendit la rivière en 1877 en compagnie de Tippo Tip, et arrivant à Boma, établit qu’il s’agissait en fait du cours supérieur du fleuve CongoVerney Lovett Cameron y passa en 1874 et Hermann von Wissmann en 1883.

La ville fut définitivement acquise à l’État indépendant du Congo le 4 mars 1893 lorsque Francis Dhanis prit la ville aux Arabo-Swahilis.

RD Congo – Histoire : Le massacre de Nyangwe tombé dans l’oubli.

C’est une page sombre de l’Histoire du Congo que l’on a négligemment laissé tomber dans l’oubli. Le 15 juillet 1871, le village de Nyangwe, dans le Maniema, était le théâtre de l’un des pires massacres perpétrés par les arabo-zanzibarais dans l’Est africain.

Une simple plaque commémorative, en ruines, sur laquelle lianes et plantes ont gagné du terrain au fil des décennies. L’ancien village de Nyangwe, qui aurait pu être l’un des sites touristiques les plus poignants de toute l’Afrique de l’Est, a été tristement laissé à l’abandon successivement par les gouvernements zaïrois et congolais. Théâtre d’un massacre de masse commis par les esclavagistes venus de Zanzibar, la localité située dans la province du Maniema est l’une des grandes oubliées de l’Histoire de la République Démocratique du Congo. Jusqu’alors installés le long de la côte Est-Africaine, les arabo-zanzibarais, également appelés arabo-swahilis, commencent à investir massivement l’intérieur des terres aux alentours de 1835 pour s’y approvisionner en ivoire, mais aussi en esclaves. Après avoir pénétré dans le Maniema à la fin des années 1850, Mwinyi Dugumbu, un commerçant originaire de Zanzibar, prend possession du village de Nyangwe vers 1860, alors connu pour son grand marché. Plus tard, les arabo-zanzibarais s’y rendront coupables de grandes razzias, pillant l’ivoire et kidnappant de nombreux autochtones pour en faire des esclaves, avant que le village ne devienne officiellement l’un des plus importants marchés aux esclaves de l’Est africain.

Dans le cadre de ses travaux, le célèbre explorateur David Livingstone, parti du delta du Zambèze, s’arrêtera plusieurs mois à Nyangwe, où il assistera, aux premières loges, aux exactions commises par les arabo-zanzibarais contre les populations autochtones. Le 15 juillet 1871, vraisemblablement suite à un désaccord entre un traitant et des villageois, les « Arabes » décident de se venger en massacrant près de 500 personnes en plein marché, la plupart des victimes étant des femmes et des enfants. Choqué et terrorisé, David Livingstone, à court de papier et d’encre, décide de rapporter les faits sur les pages recyclées du journal The Standard, avec du jus de baie en guise d’encre.

Plaque tournante et centre névralgique du commerce des esclaves au Congo, il ne reste aujourd’hui quasiment aucun vestige de Nyangwe, peu de traces écrites et plus aucun témoignage. En dehors d’une stèle commémorative de l’époque coloniale, ces événements tragiques sont aujourd’hui tombés dans l’anonymat, et aucun effort de préservation du site n’a jamais été entrepris par les autorités.

A l’instar des rares traces de la colonisation Belge, il est encore plus rare de trouver des signes du passage des arabo-zanzibarais au Congo, ainsi que de leur influence religieuse et culturelle dans le Maniema, qu’ils ont presque totalement occupé.

Source : Wikipedia.org et dkm-tv.com

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Chadrack Londe

Journaliste reporter chez Radio Maniema Libertés
Co-fondateur de kinduinfo.net, Chadrack est un journaliste de carrière, actuellement Rédacteur en Chef au sein de MEDAM asbl, un collectif de médias partenaire de l’UNICEF au Maniema. Il est aussi reporter à la Radio Télé Communautaire Maniema Liberté. Au-delà d’être une passion, le micro est pour lui un moyen d’éduquer et de divertir ses auditeurs. Son slogan est ‘’Consacrer sa vie à la vérité’’
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